Un programme de gestion des entreprises agricoles pour mieux orienter les producteurs ontariens de maïs sucré

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Par Lilian Schaer

La ferme familiale des Snyder à Caledonia, un producteur de maïs sucré, se distingue de la plupart des autres fermes ouvertes au public de l’Ontario. Plutôt que de cultiver une variété de légumes de saison, des asperges au printemps jusqu’aux citrouilles à l’automne, ils ont préféré limiter leurs activités à une seule culture et concentrer leurs énergies à faire croître leur entreprise de maïs sucré.

Brenda et Tom Snyder ont dédié 85 des 160 acres de la ferme à la culture de maïs sucré frais. Il y a environ deux ans, ils ont réduit progressivement la vente de leur maïs à de multiples comptoirs pour vendre l’ensemble de leur production directement au public sur leur propre ferme.

C’est en 1981 que le père de Tom a d’abord cultivé le maïs sucré pour le vendre principalement au marché de gros. La famille Snyder a vendu leurs troupeaux de vaches laitières en 1997, puis Tom et Brenda ont pris la relève de la ferme familiale des parents de Tom, Charlie et Lily, en 2003.

La tendance à l’égard de la consommation d’aliments locaux étant en pleine croissance, les Snyder se sont détournés de la volatilité des marchés de gros pour plutôt offrir leur maïs par l’entremise de plusieurs petits comptoirs de vente sur le marché local, du marché public de Saint-Jacob et des comptoirs de fruits de la région de Niagara. Toutefois, cela représentait beaucoup de travail et comme la clientèle locale augmentait considérablement, c’est à ce moment que la transition vers le commerce de détail à la ferme a commencé.

En 2017, des conditions météorologiques difficiles et une pénurie de main-d’œuvre les ont poussés à accélérer la transition qui devait s’étaler sur cinq ans et à finaliser le projet de ferme ouverte au public en une seule année.

« Maintenant, après bientôt 40 ans dans l’entreprise, nous vendons la totalité de notre production au public à partir de notre ferme. Nous nous en tenons à notre mission de frais du jour et tout ce qui n’est pas vendu à la fin de la journée est remis à l’organisme Hamilton Food Share », précise Brenda. « Nous sommes une véritable ferme familiale – le père de Tom continu à prendre part à une partie des opérations et nous pouvons également compter sur d’autres membres de la famille, dont nos sept enfants, pour assurer le bon fonctionnement de la ferme. »

C’est à l’occasion d’un événement organisé par Financement agricole Canada qu’ils ont entendu un exposé sur la gestion d’entreprise agricole présenté par Rob Hannam, président du Synthesis Agri-Food Network et formateur principal du Programme de gestion agricole avancée (PGAA) mis en place par l’Institut de gestion agroalimentaire (IGA).

Son discours a amené les Snyder à réfléchir à leur ferme et à l’importance de trouver une orientation et de mettre au point une feuille de route pour leur entreprise. Ainsi, lorsque l’IGA a lancé l’an dernier son PGAA spécifiquement axé sur la commercialisation directe à la ferme pour les agriculteurs de l’Ontario, Brenda et Tom se sont joints à la première cohorte du programme.

« Nous aimons faire les choses à la ferme comme un couple, mais après une saison difficile, nous étions financièrement dans l’impossibilité de suivre d’autres programmes de formation en gestion d’entreprises. Cependant, nous avons réalisé que nous pouvions participer à cet atelier », mentionne-t-elle. « Si nous investissons temps et argent dans une formation, celle-ci doit nous être utile et fournir deux ou trois bonnes idées pertinentes pour que l’exercice soit rentable. »

Elle ajoute que cette expérience a eu d’importantes retombées positives sur leur entreprise, notamment parce que le contenu, différent à chaque session de travail, s’adressait spécifiquement aux agriculteurs qui commercialisent leurs produits directement auprès des consommateurs.

Le PGAA a permis de donner une orientation aux Snyder afin d’établir des priorités quant aux améliorations à apporter dans leur entreprise au cours de l’année, mais selon Brenda, le point marquant a été sans contredit l’acquisition de connaissances afin de pouvoir analyser et mieux comprendre les ratios financiers de l’entreprise.

Parce que les agriculteurs traitent beaucoup d’argent comptant sur une base quotidienne, mesurer la rentabilité peut être particulièrement difficile lorsqu’on s’adresse directement à un marché grand public et il peut être difficile pour eux de déterminer s’ils font réellement de l’argent.

« C’est à ce moment que nous avons tous les deux pris conscience que les ratios sont indépendants du fonctionnement de l’entreprise et que nous pouvions donc mieux évaluer notre rendement à partir de ces ratios plutôt qu’à la lecture de nos résultats », explique-t-elle. « Analyser correctement les résultats vous aide à réaliser que, par exemple, vous devez augmenter vos prix. Les chiffres ne mentent pas : si nous souhaitons poursuivre nos activités à long terme, nous devons demander un prix suffisant pour faire un profit. »

Une autre occasion d’apprentissage utile pour Brenda concernait l’utilisation des médias sociaux. Même si elle était présente sur Facebook depuis 2011, elle n’avait jamais exploré les autres réseaux sociaux, comme Instagram, où elle a découvert que des utilisateurs publiaient des messages à propos du maïs sucré des Snyder.

Au terme du PGAA, Brenda et Tom ont recentré leurs activités en organisant des réunions hebdomadaires régulières et en gérant leur ferme comme une entreprise.

« Je suis vraiment ravie que nous ayons suivi ce cours et nous encourageons les autres à faire de même. Ce cours est tout aussi utile que les efforts que vous mettez à faire votre travail, mais il est important que les agriculteurs considèrent leurs fermes comme de véritables entreprises et prennent le temps de participer à ce genre de formation », croit-elle.

La prochaine activité organisée dans le cadre du PGAA destinée aux fermes ouvertes au public s’échelonnera sur cinq jours à partir de novembre 2018 jusqu’en janvier 2019. Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez le advancedfarmmanagement.ca.

L’IGA est financé par le Partenariat canadien pour l’agriculture, une initiative fédérale, provinciale et territoriale. Visitez le www.takeanewapproach.ca/fr.